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Analyses historiques

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  • Le concept de despotisme oriental au sein de l’Europe des Lumières - 11/04/18

    « Le bouillant monarque l’Asie regorgeant d’hommes, Contre la terre entière, lance son terrifiant troupeau Humain dans deux directions ; pour diriger. Son infanterie et sa flotte, il s’appuie sur de solides, De fermes commandants, lui qui est né d’une pluie D’or, lui, un mortel égal aux Dieux » (1) constitue la description initiale de l’empereur perse Xerxès (519-465 avant Jésus Christ) dans la fameuse tragédie Les Perses d’Eschyle. Représentée sur les flancs de l’Acropole en 472 avant Jésus Christ, cette tragédie célèbre les récentes victoires grecques de Salamine et de Platées face à l’Empire perse. Si les échanges entre la Perse et la mer Egée sont anciens et normalisés, la poésie grecque permet de magnifier le courage du peuple libre que sont les Athéniens face à un empire de barbares esclaves mené par un Empereur tyrannique. Xerxès Ier reste dans la culture savante et populaire le parfait exemple du despote oriental, au pouvoir total et arbitraire qui exprime le mieux l’hybris grec ou « démesure ».

  • 27 Mayis Darbesi 1960, relancer la Révolution kémaliste (3/6). Le Comité d’Union Nationale, la nouvelle garde kémaliste - 06/04/18

    Dans une publication d’époque du Figaro, un journaliste français brosse une description éloquente du coup d’État du 27 mai 1960 :
    « Méthode et secret dans la préparation, rapidité et perfection dans l’exécution, pas d’effusion de sang, ni violence sur les personnes, enfin une véritable intervention chirurgicale : couchée gravement malade le jeudi soir, la Turquie s’est réveillée opérée et en bonne voie de guérison le vendredi matin. En quatre heures d’horloge, de 3 heures à 7 heures du matin, les forces armées avaient pris le contrôle de l’administration du pays et un de leurs chefs pouvait déclarer : ‘’Ce n’est pas une insurrection mais une entreprise de remise en ordre méthodique’’ » (1).
    L’année 1960 marque l’action d’une révolution en profondeur. Le coup d’État avant d’être national est interne à l’armée. En effet, ce coup est avant toute chose « conçu et préparé par des officiers, exécuté par les forces armées, l’action du 27 mai, coup d’État strictement militaire, s’est trouvée être une Révolution authentiquement populaire » (2).

  • 27 Mayis Darbesi 1960 : relancer la Révolution kémaliste (1/6). Quel sens donner à la révolution kémaliste ? - 07/03/18

    A partir de 1950 s’ouvre la plus profonde réorientation politique en Turquie depuis l’édification de la République. La mise en place du pluripartisme et l’avènement du Parti démocrate (Demokrat Parti - DP) manifestent une « révolution silencieuse » (Ak Devrim) sinon une « contre-révolution » pour les membres de l’ancien parti unique Républicain du Peuple (Cumhuriyet Halk Partisi-CHP) devenu parti adverse.

  • La Légion d’Orient - 12/02/18

    Après la défaite de Gallipoli, les Alliés ont le projet de débarquer en Syrie pour défaire les Ottomans sur un autre front, pendant que les armées russes passent le Caucase et occupent le Pont. Tandis qu’il est question du côté britannique d’inspirer un soulèvement arabe, la France décide de créer le 15 novembre 1916 une Légion d’Orient, composée principalement de réfugiés arméniens fuyant les persécutions de l’armée ottomane. Les Alliés pourraient alors bénéficier d’un soutien de certaines populations locales en Cilicie et en Syrie. L’idée d’un tel corps provient du président du Conseil Aristide Briand et de François Georges-Picot, notamment après l’accord franco-arménien du 27 octobre 1916, négocié avec Boghos Nubar représentant un éventuel futur Etat arménien, tel qu’il était envisagé dans les accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Ce corps d’irréguliers que Georges-Picot estime au début à 6 000 hommes, servirait ainsi les intérêts français pour défaire les armées ottomanes dans un premier temps, mais surtout pour pouvoir occuper les zones françaises de l’Empire dépecé et s’établir durablement là où les intérêts britanniques pourraient concurrencer la France.

  • Turcs et coup d’Etat (2/2) : du renversement du chaudron au renversement du sultan - 02/02/18

    L’expression « coup d’Etat » prend naissance au 17ème siècle sous la plume de Gabriel Naudé. Dans son ouvrage Considérations politique sur les coups d’Etat (1639), le coup d’Etat est entendu comme un mode d’exercice du pouvoir qui, face à des circonstances exceptionnelles et par un excès de droit ou encore une violation du droit, permet au monarque vu comme autorité légitime de remplir « sa mission suprême – assurer le salut collectif » (1). L’auteur élabore ses théories dans le contexte de la fin des guerres de Religion qui ont profondément ravagé le royaume de France. Il dresse ainsi un éloge en règle de la monarchie absolue vue comme le seul régime capable d’assurer la paix et la stabilité. In fine, pour Naudé, il est préférable « qu’un homme meure pour le peuple, afin que toute la nation ne périsse pas » (2). Si le coup d’Etat à la Naudé s’articule telle une tradition monarchique, l’expression n’est cependant que fort peu usitée et tombe même en désuétude à partir de l’avènement de la monarchie absolue sous Louis XIV, ainsi que sous la Révolution française et l’Empire.

    A la différence du cas, penser le coup d’Etat au sein de l’Ancien régime ottoman était compliqué. En effet, la nature monarchique du pouvoir du sultan-calife ottoman rendait impossible tout coup d’Etat. Cependant certaines exceptions existaient dans le système ottoman, parmi celles-ci, on retrouve deux possibilités : les coups d’Etat royaux qui consistent en « une violation constitutionnelle opérée par le roi [le sultan] dans ses décisions » (3) et les coups d’Etats dirigés contre le roi-sultan, c’est-à-dire « une entreprise illégale (réalisée ou projetée) visant à la conquête de tout ou partie du pouvoir politique » (4).

  • Turcs et Coup d’Etat (1/2) : du coup d’Etat - 26/01/18

    Le concept de « coup d’Etat » a subi au cours des deux derniers siècles de multiples interprétations. Le terme de coup d’Etat semble embrasser une pluralité de modes d’actions politiques à teneur collective. Le dernier coup d’Etat en Turquie de juillet 2016 a entrainé un nouveau cycle de réflexion sur la méthode de prise du pouvoir par la force. Malgré ce qu’ont en dit certains auteurs pour qualifier l’arrivée au pouvoir du Parti de la Justice et du Développement (AKP – Adalet ve kalkinna partisi), cette nouveauté politique ne concorde en rien avec l’idée d’un « chant du cygne des coups d’Etat militaires en Turquie » (1). Cette percée électorale change la donne politique du fait des origines sociales et politiques du parti.

  • Rituels et célébrations de la ‘āshūrā’ : retours historiques sur la construction d’une mémoire communautaire chiite (3/4). Une brève histoire des pratiques rituelles : développement, mouvements réformistes et résistances populaires - 25/01/18

    Dans cette troisième partie, nous aimerions approfondir la dimension historique du phénomène et nous pencher sur le développement de ces rituels depuis l’époque médiévale. Cela nous permettra de revenir sur les pratiques communautaires chiites dans l’Irak médiéval et d’évoquer les tentatives de réforme des rites au xxe siècle. Nous le verrons, l’hétérogénéité des pratiques de célébration de cette fête chiite s’explique aussi bien par la diversité des paysages politiques, sociaux et religieux des pays dans lesquels elle est célébrée que par l’emprise variable qu’eut le processus de théorisation, d’organisation et de rationalisation de ces pratiques et qui fut le fait d’intellectuels réformistes arabes dans la première moitié du xxe siècle.

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