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Entretien

Entretien avec Anne-Claire de Gayffier-Bonneville – Le point sur la situation en Egypte avant les élections présidentielles de mars 2018

Quel est le bilan du président al-Sissi sur le plan politique ?

Abdel Fattah al-Sissi est président depuis 2014, élu à l’issue d’élections présidentielles qui étaient tenues en mai, avec un seul adversaire en face de lui. Il tenait déjà les rênes de l’Égypte depuis juillet 2013, à la suite du coup de force contre le président Morsi, élu démocratiquement en 2012.

Une nouvelle constitution avait été rédigée et publié au journal officiel en janvier 2014, puis le président a été élu, à la différence de ce qui s’est passé sous Morsi (le président Morsi a d’abord été élu sans que les pouvoirs de l’exécutif aient été définis auparavant, puis la constitution a été rédigée. Cela peut paraître étonnant mais l’idée sous-jacente était alors d’engager le pays dans une transition démocratique). Dans cette nouvelle constitution, beaucoup de droits sont affirmés aux Égyptiens, le président est au cœur de l’édifice institutionnel, ses pouvoirs ont été renforcés par rapport au texte de 2012. Une moindre place est accordée au religieux par rapport au texte de 2012, mais il faut nuancer l’idée selon laquelle la constitution de 2012 portait un projet d’islamisation de la société.

Une Assemblée législative a été élue en 2015. La participation des Egyptiens au scrutin était bien moins importante qu’aux précédentes élections législatives de 2012. Il n’y a pas de parti unique, pas de « parti du président », les partis d’opposition sont représentés, comme celui de Mohamed Anouar el-Sadate, qui ne valide pas toutes les orientations du président. En revanche il n’y a aucun élu issu des Frères musulmans. La majorité des députés est en accord avec le pouvoir. Il y a dans cette Assemblée une façade de pluralisme.

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Anne-Claire de Gayffier-Bonneville est agrégée d’histoire et maître de conférences en histoire contemporaine à l’Inalco-Université Sorbonne Paris Cité. Elle travaille sur l’histoire de la vallée du Nil, Egypte et Soudan, aux XIXe et XXe siècles. _ Ses recherches actuelles portent sur l’Egypte au moment de la Première Guerre mondiale. _ Elle a notamment publié L’échec de la monarchie égyptienne 1942-1952 (Le Caire, IFAO, 2010) qui a obtenu le prix Joseph du Teil 2011 de l’Académie des sciences morales et politiques, Histoire de l’Egypte moderne. L’éveil d’une nation, XIX-XXIe s (Flammarion, 2016 avec le soutien du Conseil National du Livre) et en collaboration avec S. Chiffoleau, N. Neveu, A-L. Turiano, M. Rey et M-N Tannous, Le Moyen-Orient 1876-1980 (Atlande, 2017).

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Donald Trump et Jérusalem : derrière le symbole, une potentielle redéfinition des enjeux entourant le conflit israélo-palestinien (1/2), par Ines Gil

Le 6 décembre 2017, le Président américain reconnait Jérusalem comme « capitale d’Israël ». A quelques exceptions près, l’ensemble de la communauté internationale condamne la décision. Dans les jours qui suivent, le Conseil de Sécurité des Nations unies se réunit en urgence et la Turquie invite les dirigeants des pays musulmans pour une session extraordinaire portant sur la décision américaine. Côté palestinien, Mahmoud Abbas déclare le vendredi 9 décembre « jour de colère », et le Hamas appelle à la « troisième intifada ». Seuls les Israéliens semblent se réjouir de cette nouvelle, qui constitue « une grande victoire » selon le Premier ministre israélien Netanyahou. En 1995, une loi avait été votée par le Congrès américain prévoyant le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Mais son application avait constamment été repoussée par les présidents successifs. Dans les faits, la déclaration de Donald Trump ne change pas la situation de Jérusalem, car Israël a annexé la partie Est de la ville (1) en 1980. Cependant, elle semble rompre avec des décennies de politique étrangère américaine, qui prônait la constitution d’un Etat palestinien et la partition de Jérusalem, avec Jérusalem Ouest comme capitale israélienne et Est comme capitale palestinienne. Cette déclaration est suivie de vives réactions dans les chancelleries du monde entier, d’une recrudescence des violences dans les Territoires palestiniens, et surtout, elle révèle certaines dynamiques à l’œuvre autour du dossier israélo-palestinien.
Pour cet article, Ines Gil a mené des entretiens avec plusieurs chercheurs, spécialistes de l’histoire et des questions contemporaines d’Israël et des Territoires palestiniens.

Une décision symbolique et opportune pour Donald Trump

Annoncé dès septembre 2016 lors d’une rencontre entre Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem était une promesse de campagne du candidat républicain à la présidence américaine. Elle visait à attirer « l’électorat évangéliste, qui est fortement pro-israélien », selon Vincent Lemire, historien spécialisé sur l’histoire de Jérusalem, car « les évangélistes considèrent que l’existence d’Israël est une condition préalable au retour du Messie ». Cependant, lors de sa visite en Israël en mai 2017, récemment élu Président, Donald Trump ne fait aucune annonce sur Jérusalem, créant la déception chez les partisans d’un déménagement de l’ambassade. Consécutivement à son voyage, il repousse l’application du Jérusalem Act (2). Selon Marc Lefèvre, Porte-Parole de La Paix Maintenant (organisation de soutien à Shalom Akhshav en Israël), ce sont les services de sécurité israéliens qui « avaient alors demandé à Trump d’éviter toute déclaration sur Jérusalem, de crainte de voir la situation sécuritaire se dégrader dans le pays » (3).

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Ines GIL est journaliste à LCI.
Elle est diplômée d’un Master 2 Journalisme et enjeux internationaux, à Sciences Po Aix et l’EJCAM.
Elle a auparavant réalisé un Master en Relations Internationales à l’Université Saint Joseph de Beyrouth, et une formation en Sciences Politiques et Langue arabe à l’Université de Birzeit (Territoires palestiniens).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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