Décryptage de l'actualité au Moyen-Orient
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Entretien avec …

Entretien avec Haoues Seniguer – l’islamisme, du Moyen-Orient à l’Europe

Pouvez vous revenir brièvement sur ce que signifie l’islamisme ?

L’islamisme est l’une des espèces ou modalités de l’intégralisme, au sens où l’entend le chercheur Jean-Marie Donegani qui s’intéresse pour sa part au catholicisme français. En d’autres termes, il s’agit de pointer la fusion entre politique et religion, au sein de laquelle la deuxième instance déterminerait absolument les contours de l’identité individuelle et collective en usant pour ce faire de moyens "légaux". Plus concrètement, l’islamisme ou l’islam politique, selon les expressions d’usage, procède d’une idéologisation exacerbée de la religion musulmane que l’on voit clairement apparaître au cours de la première moitié du XXème siècle en contexte majoritairement musulman, en Égypte et dans le sous-continent indien principalement. Ce type d’idéologie ne se contente pas de valoriser et d’exemplifier les enseignements spirituels de l’islam, qui n’engageraient in fine que l’individu et son intimité de croyant privé ou public, mais exhorte bien davantage, y compris par la contrainte, les individus et les sociétés à adopter une religion normative collective, à laquelle les représentations et l’agir humains doivent scrupuleusement se conformer, suivant la lecture et l’interprétation qui en sont faites par des clercs institués.

Pouvez vous revenir sur le contexte de cette notion, avec la guerre de 2003 en Irak ?

D’abord, il est utile de préciser que si les islamismes ont un tronc commun, c’est-à-dire le primat du religieux sur le politique, et la volonté ferme de construire un ordre politique "islamique" légitime suivant des enseignements religieux érigés au rang de normes collectives contraignantes, en revanche tous ceux qui ont peu ou prou un lien avec l’islamisme, ne cherchent pas forcément à recourir aux armes ou à la violence armée pour parvenir à leurs fins. Il y a à ce titre au moins deux classes d’islamisme : l’islamisme légaliste ou légitimiste, qui souhaite gagner sa légitimité par la voie pacifique des urnes, d’une part ; et d’autre part, l’islamisme violent ou radical, qui cherche, lui, à conquérir le pouvoir et/ou à s’imposer par la voix des armes.

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Maître de conférences en science politique, Sciences Po Lyon _ Directeur du CODEMMO (Coopération et Développement au Maghreb et au Moyen-Orient), Spécialité de 5ème année du diplôme de Sciences Po Lyon _ Membre de la Commission des études et membre élu de la Commission scientifique de Sciences Po Lyon _ Chercheur au laboratoire Triangle, UMR 5206, Lyon http://triangle.ens-lyon.fr/spip.php?article5383 _ Membre de l’ISERL (Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité), Lyon _ Membre de la plateforme PLURIEL (Plateforme Universitaire de Recherche sur l’Islam en Europe et au Liban) http://pluriel.fuce.eu/chercheur/seniguer-haoues/ _ Chercheur associé au Laboratoire d’Analyse des Sociétés et Pouvoirs Afrique/Diasporas (LASPAD), Université Gaston Berger, Sénégal

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Analyse de l’actualité

Les élections du 19 mai 2017 en Iran : un révélateur des rapports de force (1/2), par Michel Makinsky

Une victoire anticipée par le Guide contrarié par son ampleur

Les élections qui viennent de se dérouler en Iran représentent une étape extrêmement importante dans la vie politique du pays. Il est nécessaire de revenir sur quelques points essentiels. Si la victoire de Hassan Rohani était prévisible, ce qui ne l’était pas est son ampleur. La participation a été spectaculaire, avec 73,07% (plus la participation est importante, plus cela favorise les réformateurs). Il obtient une majorité confortable de 57,13% des votes dès le premier tour, et Ebrahim Raisi, le champion des conservateurs et du Guide, recueille 38,30% des suffrages. Si cette victoire était prévisible, son ampleur n’était pas attendue. Le président de la République démarrait avec un certain handicap : une insatisfaction assez généralisée quant aux modestes résultats économiques de l’accord nucléaire du 14 juillet 2015 (JCPOA). Les adversaires du chef de l’Etat ne s’étaient pas privés de critiquer le gouvernement sur les maigres retombées économiques pour la population. Ce fut l’axe central de la campagne des conservateurs et la thématique de la critique du Guide à l’encontre du gouvernement, donc du président–candidat : ce dernier a été incapable « d’encaisser le chèque » de la levée des sanctions.

Plusieurs éléments de cette campagne sont assez révélateurs des rapports de force qui émergent de cette élection. Il est permis de penser que Rohani était en fait le choix du Guide (par défaut) envisageant un président, certes seul capable d’entamer le redressement économique du pays, mais suffisamment affaibli pour ne pas imposer des réformes économiques qui écarteraient les intérêts pasdarans et ceux du Guide, et surtout empêché d’entamer des réformes politiques et sociétales, décrites par le Guide Suprême comme menaçant la survie du régime en le polluant de valeurs « pécheresses ». Ali Khameneï ne pouvait ignorer qu’Ebrahim Raisi est un dignitaire religieux sans expérience politique mais avec un lourd passé de répression sanglante dans le cadre de ses fonctions judiciaires en 1988. Le Guide savait certainement que son « favori », négativement réputé pour ce passé, ne pouvait espérer une popularité suffisante pour gagner. En dehors de ces tristes exploits, il n’est guère connu. Son seul crédit est d’être d’une parfaite orthodoxie religieuse, et une vieille relation de confiance du Guide. Il est à la tête de la puissante fondation Astan-e Qods, dont l’opulence est née des recettes du site de pèlerinage de Mashhad qui attire des milliers de fidèles ; elle est devenue un gros empire économique et industriel dans plusieurs secteurs et détient notamment la majorité du capital du groupe Mapna, un des joyaux de l’industrie iranienne. Ceci ne suffit pas à convaincre les électeurs. Ajoutons que le programme populiste, isolationniste (« économie de la résistance ») de ce candidat était totalement irréaliste.

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Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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