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Entretien avec …

Entretien avec Jana Jabbour – Les conséquences intérieures et extérieures du coup d’état manqué en Turquie

Suite à la tentative du coup d’état en Turquie, pouvez-vous revenir sur ses conséquences immédiates, en particulier sur les arrestations en Turquie. Qui a été arrêté et pourquoi ?

Dès les premières heures ayant suivi le coup d’état manqué, le gouvernement et le président turcs se sont précipités pour accuser Fethullah Gülen et ses sympathisants d’être les instigateurs du coup. Une purge a ainsi été menée contre tous ceux qui sont soupçonnés d’être de près ou de loin liés au mouvement Gülen, désormais qualifié par le gouvernement turc d’« Organisation terroriste guléniste » (FETÖ) et identifié comme étant « un réseau illégal à apparence légale et qui menace la sécurité nationale ». Cette purge a touché tous les domaines : l’armée, le système judiciaire, les établissements éducatifs, le ministère de l’Intérieur, le secteur médical, et les milieux sportifs.

Au total, quelques 8 000 généraux, soldats, procureurs et juges ont été placés en garde à vue, et 8 000 autres fonctionnaires ont été éloignés de leurs postes au sein du ministère de l’Intérieur.
Deux facteurs expliquent l’ampleur de cette purge. D’une part, il s’agit pour le gouvernement AKP de saisir ce coup d’état manqué comme une opportunité en or, « un don de Dieu » selon Erdoğan, pour mettre fin au mouvement Gülen. D’autre part, les caractéristiques mêmes de l’« ennemi à abattre » expliquent l’étendue de cette purge : en effet, la confrérie Gülen est un mouvement diffus, opaque et secret, c’est un mouvement sans « étiquette » (ses membres n’ont pas de « carte d’adhésion » par exemple), ce qui rend difficile l’identification des personnes qui y sont affiliées (voir les travaux de Bayram Balci portant sur l’identité de ce mouvement). Le gouvernement, en ce sens, « ratisse large » pour traquer un maximum de personnes soupçonnées d’appartenir au mouvement.

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Jana Jabbour est docteure associée au CERI, enseignante à Sciences Po Paris et à l’Université Saint-Joseph (Beyrouth).

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Retour sur l’Histoire …

La Grande-Bretagne, le Koweït et les Affaires de l’Arabie de la fin du XIX siècle à 1914. Cinquième Partie : les Affaires de l’Arabie (1/2))

Les relations entre le Koweït et la Grande-Bretagne furent marquées par la position géographique de la principauté qui en faisait un des débouchés possibles pour les voies de communication reliant l’espace asiatique et une zone considérée par Londres comme étant de première importance pour ses intérêts stratégiques et commerciaux. La Grande-Bretagne fut aussi conduite à s’intéresser à l’évolution de la situation politique à l’intérieur de la péninsule dans la mesure où les événements qui s’y produisaient pouvaient d’une part influer directement sur les relations entretenues par Londres et le Government of India avec les chefs locaux et d’autre part participer indirectement à une remise en cause du statu quo signé en 1899 avec le cheikh du Koweït. Il s’agira donc dans les propos qui vont suivre de caractériser les axes majeurs de la politique de la Grande-Bretagne vis-à-vis de l’Arabie (1).

La Grande-Bretagne et la péninsule arabique au XIX siècle : vigilance et neutralité

Les premiers contacts entre la Grande-Bretagne et les forces wahhabites eurent lieu à l’occasion du règlement des différends affectant les relations entre les Qawasim établis sur le littoral du Golfe et les autorités britanniques en Inde. L’objectif de la Grande-Bretagne dans le secteur était d’assurer la sécurité des communications maritimes et commerciales et de réprimer les actes de piraterie dans les eaux du Golfe.
A l’occasion de l’expédition menée en 1809 contre Ras el Khaimah, le Government of India informa le Capitaine Seton, Résident politique dans le Golfe, de la conduite à tenir vis-à-vis du chef des wahhabites et énonça clairement les objectifs et les limites de l’action britannique concernant la situation de la péninsule. La Grande-Bretagne indiquait précisément qu’il lui importait principalement de conforter la sécurité et la paix dans les eaux et sur le littoral du Golfe, ainsi que d’y favoriser l’essor du commerce. Elle indiquait qu’elle ne recherchait pas à accroitre sa présence territoriale et souhaitait entretenir des relations d’amitié avec les wahhabites ainsi qu’avec l’ensemble des chefs de la région (2). En 1810, le gouvernement britannique faisait de nouveau officiellement savoir qu’il ne désirait pas se mêler des affaires intérieures de l’Arabie et que son action était limitée à la lutte contre la piraterie dans le Golfe (3).

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Yves Brillet est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, agrégé d’Anglais et docteur en études anglophones.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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