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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Interview with …

Interview with Jens Heibach – The situation in Yemen

Could you explain the origins of the war in Yemen ?

There are several dimensions to the war currently going on in Yemen which can actually be understood as an accumulation of several wars, at least as far as the Yemeni actors are concerned. The war has its roots in the Yemeni uprising in 2011, which eventually led to the resignation of President Ali Abdallah Saleh. Saleh had autocratically ruled the Yemeni republic since unification in 1990. He was – and still is – amazingly skilled in pitting one group against the other, and he had managed to rule the country over decades by instigating and managing a multitude of conflicts on the local, national and regional level.

This seemingly had an end when he signed the GCC initiative in November 2011, which in essence granted him immunity from criminal prosecution in exchange for his stepping down as president. Yet the GCC initiative also provided for a flawed transition process in that it deprived major players of the opposition movement of having any meaningful say in the process of shaping Yemen’s future. These included in particular the Southern movement, which, founded in 2007, gradually evolved into a secessionist movement, but also Ansar Allah, better known as the Houthi movement. For instance, in the National Dialogue Conference – which was an essential part of the transition process as designed by the GCC initiative and which was tasked with compiling recommendations concerning the overhaul of the Yemeni constitution – the Houthis were given 35 seats out of 565. Again, other players were side-lined too. But the Houthis had by then already become a force to be reckoned with, both politically and militarily. Since 2004 they had been campaigned against in six wars by the Saleh regime. And they not only stood their ground but, having acquired strong military capabilities in the past, also managed to take control of Sa’ada and adjacent provinces in the course of the uprising in 2011.

That is to say, the Houthis were far too powerful a force to be excluded from the transition process. But the GCC initiative was masterminded by Saudi Arabia, and Riyadh’s lack of interest in a more inclusive transition process might have also stemmed from its enmity with the Houthis whom Riyadh conceives of as an Iranian proxy – which they are not, by the way. Now, if the Saudis really intended to exclude the Houthis from power, this plan has certainly backfired. When President Hadi in 2014 attempted to push through his vision of a six-region federal division – which would have deprived the Houthis of vital resources and access to the sea – the Houthis took control of the capital, put Hadi under house arrest and ruled the roost. Ironically, it was their former wartime enemy who helped them to advance. Saleh, who had been allowed to stay in Yemen and who still had a huge base of followers in the army and the security apparatus, allied with the Houthis against Hadi. It is no more than a partnership of convenience, but it holds to this today.

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Jens Heibach holds a diploma in Political Science from the Freie Universität Berlin and a PhD from Philipps Universität Marburg. _ He has worked at the Cultural Department of the German Embassy in Sanaa (2008-9) and as a lecturer in Middle East Politics at the Center for Near and Middle East Studies in Marburg (2009-15). _ Since 2017 he is a Research Fellow at the GIGA Institute of Middle East Studies in Hamburg. His research focuses on politics in the Arabian Peninsula and Yemen in particular.

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Entretien avec …

Entretien avec Hamit Bozarslan – Le point sur la Turquie à l’issue du référendum du 16 avril 2017 (1/2))

Alors que beaucoup d’élus kurdes de Turquie – appartenant au parti HDP – sont emprisonnés ou démis de leurs fonctions, que reste-t-il des capacités politiques des Kurdes de Turquie aujourd’hui ?

Il reste beaucoup de choses. Tout d’abord, le parti du HDP n’est pas encore interdit, même si ce n’est pas à exclure à l’avenir. Ensuite, exception faite des cas problématiques des localités de Muş et Bitlis où les fraudes auraient été massives, les résultats du référendum du 16 avril 2017 ont montré une très forte capacité de résistance de l’électorat kurde, qui a en majorité voté contre le projet de présidentialisation du régime. De la même façon, le Newroz (1) a été célébré massivement. Surtout, même si les municipalités sont aujourd’hui complètement paralysées (car il ne reste pratiquement plus de maire élu en fonction, remplacés par des administrateurs provisoires), la résistance civile est là. Enormément de formes de résistance s’expriment quotidiennement, notamment la résistance civile et la résistance pacifique, à travers les cercles littéraires et de création artistique. Le cercle de l’édition également, se porte bien malgré tout – non pas l’édition de presse qui est interdite mais l’édition de livres – donc la langue et son apprentissage continuent d’exercer une influence importante.

Donc effectivement, il y a d’un côté plusieurs milliers de prisonniers politiques et le parti HDP est partiellement paralysé, mais de l’autre côté, les ressorts de mobilisations sont toujours là. Le parti continue d’exister ainsi que les associations mais il y a avant tout énormément de réseaux informels, de solidarité etc.

Dans ce contexte, qui incarne encore le parti HDP ?

Environ 35 députés du HDP n’ont pas encore été arrêtés et les militants qui sont en prison sont remplacés par d’autres. Les cadres qui prennent le relai n’ont sans doute pas le charisme des dirigeants incarcérés, mais celui de Selahattin Demirtaş (2), par exemple, se transfère par délégation sur des leaders moins connus. D’autre part, des personnalités comme Osman Baydemir (3) ou Mithat Sancar (4) sont extrêmement populaires. Il subsiste donc un charisme collectif. Et beaucoup des cercles de mobilisation et de socialisation ne dépendent pas du parti directement, cette autonomisation participe à la résilience des capacités politiques kurdes.

Concernant la libération des cadres emprisonnés, là encore, il est très difficile de prévoir ce qui se passera en Turquie, et je crois d’ailleurs que leur sort ne sera pas nécessairement lié à l’évolution de la question kurde. Nous sommes dans une configuration où le pouvoir n’arrive à se maintenir que grâce à une fuite en avant perpétuelle, par des crises incessantes dont les responsables désignés sont des ennemis de l’extérieur et des ennemis de l’intérieur : les « traitres ». Beaucoup de gens pensent que les prochains milieux visés seront internes à l’AKP lui même. Ainsi, dans ce contexte, il est difficile de savoir quels seront les prochains pas entrepris par le pouvoir.

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Docteur en histoire et en science politique, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Hamit Bozarslan est, entre autres domaines de recherche, spécialiste de l’histoire de la violence au Moyen-Orient.

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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