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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Entretien avec …

Entretien avec Deniz ünal – Quelle politique économique pour la Turquie contemporaine ? Retours historiques sur le développement d’un émergent au Moyen-Orient

L’AKP arrive au pouvoir en Turquie en 2002. Afin d’expliciter l’arrière-plan historique qui précède la prise de pouvoir du parti de l’actuel Président, pourrions-nous revenir sur l’histoire du développement économique de la Turquie depuis la fondation de la République ?

Lorsque l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi) arrive au pouvoir en Turquie en 2002, le pays traverse, depuis 2001, une des plus graves crises politique et économique de son histoire. Sur le plan économique, la crise se manifeste d’une manière à peu près similaire à la grande crise de liquidités qui secoua le monde en 2008. Le pays assistait alors à l’implosion de son système bancaire.

En prenant le pouvoir sans avoir besoin de s’appuyer sur une coalition, l’AKP entame une mutation importante des modes de production et de gouvernance dans le pays. C’est une réussite et on peut dire que l’élection de l’AKP en 2002 est un bol d’air sur le plan économique pour la Turquie. Ce n’est que progressivement, à partir des années 2008 et plus franchement à partir de 2012, que le parti remet en place une politique marquée par l’opacité de sa gouvernance.

Il est fondamental de revenir sur l’arrière-plan historique des politiques économiques mises en place successivement en Turquie. Leurs échecs permettent de mieux comprendre l’arrivée au pouvoir de l’AKP.

Justement, lorsque la République est créée, en 1923, quelle est la ligne économique adoptée pour faire face au dynamisme européen d’alors ? Jusqu’à quand est-elle en vigueur en Turquie et comment se caractérise-t-elle ?

La République turque est fondée en 1923, sur les décombres de l’Empire ottoman. Sur le plan économique, l’Empire avait raté la révolution industrielle et s’était spécialisé dans la production agricole, entérinant une importante désindustrialisation de son territoire. À partir de 1923, la République entame une mutation de son système économique d’autant plus difficile que sa population est massivement rurale et peu éduquée. Choisissant une position pragmatique, inspirée à la fois par le modèle américain et par le modèle soviétique, la Turquie reconnait la propriété privée mais engage une réindustrialisation planifiée et menée par le parti unique – le CHP (Parti républicain du peuple). Cette première phase de l’histoire économique turque est marquée par une stratégie de développement autocentrée. L’offre industrielle est réalisée à partir des inputs locaux et elle est destinée au marché intérieur. Les rares exportations du pays se limitent à des produits agricoles.

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Deniz Ünal est économiste au CEPII (Centre d’Études Prospectives et d’Informations Internationales), un service d’étude en économie internationale du Premier ministre. Elle travaille particulièrement sur le commerce international de biens et de services, ainsi que sur la Turquie et la Chine. Elle est également traductrice de plusieurs œuvres de la littérature moderne turque aux Éditions Bleu autour.

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Histoire

Ibn Saoud et la Grande-Bretagne : l’accord de Dhahran de décembre 1915 (1/4), par Yves Brillet

Ibn Saoud, la Grande-Bretagne et l’accord de Dahran constitue le prolongement des deux études publiées en juin 2017 dans Les Clés du Moyen-Orient portant sur les rapports entre Ibn Saoud et les autorités britanniques au cours des dix années précédant le déclenchement de la Première Guerre mondiale.
A la veille du conflit, les relations entre Londres, Constantinople et Riad étaient définies par la convention anglo-turque de 1913 d’une part et par l’accord du 15 mai 1914 entre la Turquie et Ibn Saoud d’autre part.
Après avoir vainement tenté de dissuader la Turquie de se ranger aux côtés de l’Allemagne, la Grande-Bretagne va devoir orienter son action militaire et diplomatique par l’envoi d’un corps expéditionnaire dans le Golfe, afin d’y conforter sa situation stratégique.

L’objet de la présente étude est d’apporter quelques éléments permettant d’envisager l’élaboration de l’action de la Grande-Bretagne en direction d’Ibn Saoud dans le contexte global de ses opérations diplomatiques, dans un premier temps, puis militaires, à l’encontre de la Turquie.
On abordera successivement la question des garanties collectives offertes par la Grande-Bretagne aux acteurs locaux pour les inciter à soutenir son effort de guerre avant d’étudier de manière plus détaillée comment Ibn Saoud parvient à se saisir de la négociation d’un accord pour consolider sa position institutionnelle.

La situation d’Ibn Saoud à l’été 1914

Au début de l’été 1914, les relations entre la Turquie et Ibn Saoud étaient déterminées par l’accord signé le 15 mai 1914 avec le gouvernement ottoman représenté par le Vali de Bassora. Selon les termes de cet accord, dont une copie fut découverte par les troupes du corps expéditionnaire britannique après la prise de la ville de Bassora, Ibn Saoud était confirmé à vie dans la qualité et les fonctions de Vali pour la province du Nedjd ; ses descendants étaient amenés à lui succéder après la proclamation d’un firman impérial. Les articles 3 et 4 stipulaient la nomination par Ibn Saoud d’un résident turc ainsi que la présence auprès de lui d’instructeurs militaires et le stationnement d’un contingent de gendarmerie dans les ports du Nedjd. Ibn Saoud s’engageait à arborer les couleurs ottomanes sur les bâtiments officiels (article 7), à ne pas entretenir de relations avec des puissances étrangères et à correspondre directement et exclusivement avec les ministres de l’Intérieur et de la Marine. L’article 12 exigeait qu’il apporte un soutien militaire au gouvernement, à la mesure de ses capacités, en cas de troubles intérieurs ou d’agression par une puissance extérieure (1).

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Yves Brillet est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de Saint Cloud, agrégé d’Anglais et docteur en études anglophones. Sa thèse, sous la direction de Jean- François Gournay (Lille 3), a porté sur L’élaboration de la politique étrangère britannique au Proche et Moyen-Orient à la fin du XIX siècle et au début du XXème.
Il a obtenu la qualification aux fonctions de Maître de Conférence, CNU 11 section, a été membre du Jury du CAPES d’anglais (2004-2007).

Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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