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DES CLÉS DU MOYEN-ORIENT



Retour sur l’histoire

Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2)

Quelle expérience diplomatique préalable au Liban, dans le monde arabe et au Moyen-Orient ?

Une expérience diplomatique préalable au Liban, au Moyen-Orient ou dans un autre pays arabe est-elle un critère important de choix des ambassadeurs de France à Beyrouth ? Existe-t-il une logique systématique de nomination liée à une telle experience ? En réalité, la grande diversité des profils et des carrières des titulaires du poste ne plaide pas en faveur de l’existence d’une telle logique. En 1994, Jean-Pierre Lafon est ainsi nommé au Liban sans aucune connaissance du terrain.

Plusieurs variables semblent cependant clairement jouer le rôle d’accélérateur vers une nomination au Liban. Il apparaît ainsi nettement qu’occuper un poste de premier secrétaire ou de premier conseiller à Beyrouth renforce considérablement les chances du titulaire de devenir ultérieurement ambassadeur. Certains ambassadeurs de France ont déjà en effet une très bonne connaissance du terrain libanais et de ses enjeux complexes. C’est le cas d’Hubert Argod (1975-1979) qui avait déjà exercé à Beyrouth comme premier secrétaire (1947-1951) sous l’ambassade d’Armand du Chayla. Il est donc probable que ce facteur a joué un rôle non négligeable dans sa nomination au moment critique des premières années de la guerre « civile ». Christian Graeff (1985-1987) avait aussi été premier secrétaire dans la capitale libanaise (1963-1967) au moment des ambassades du baron de Boisseson, puis de Pierre-Louis Falaize. Sa connaissance du terrain libanais remonte même aux années cinquante, car c’est à Bikfaya qu’il vint en 1957 perfectionner sa connaissance de la langue arabe. Après la guerre, de nouveaux ambassadeurs de France retrouvent un Liban qu’ils ont déjà connu comme diplomates pendant la guerre. C’est le cas de Daniel Husson (1991-1er février 1993), premier conseiller à Beyrouth près de dix ans plus tôt (1982-1984), à une époque charnière de la guerre civile libanaise ponctuée par l’invasion israélienne du Liban suivie par les massacres de Sabra et Chatila, l’assassinat de Béchir Gemayel, ou encore les massacres dramatiques du Chouf et l’attentat du Drakkar en 1983. Là encore, le choix de Daniel Husson comme premier ambassadeur de France dans les premiers mois de la Seconde République libanaise d’après-guerre fut très probablement motivé par sa grande experience préalable du terrain. Il arrive qu’un poste de premier conseiller à Beyrouth précède immédiatement une nomination au grade d’ambassadeur au Liban. André Parant (2007-2009) est le seul à entrer dans cette configuration.

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Stéphane Malsagne est agrégé, docteur en histoire (Paris I) et chargé d’enseignement sur l’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris et à l’UVSQ. _ Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’Histoire libanaise, Karthala/Ifpo, 2011 ; Journal du Père Lebret au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964), Geuthner, 2014 et Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990, Geuthner, 2017.

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Reportage photo

Reportage photo d’Ines Gil – Mossoul au lendemain de la guerre : de nouvelles batailles

En août dernier, au cours d’un séjour de deux semaines au Kurdistan irakien, je me suis rendue à Mossoul durant deux jours, pour couvrir la situation de la ville au lendemain de la guerre de libération. Dans sa partie Ouest, la seconde ville d’Irak a souffert de dégâts considérables. Libérée de l’Organisation Etat islamique, mais fortement marquée par la guerre, Mossoul doit aujourd’hui se reconstruire, malgré les obstacles.

Le 9 juillet 2017 sonne la fin de neuf mois de bataille entre les autorités irakiennes, soutenues par leurs alliés, et l’Etat islamique (EI), pour récupérer Mossoul des mains du groupe terroriste. En proclamant la reprise de la seconde ville d’Irak, le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a salué une « victoire majeure » sur l’EI. Même si, pour l’organisation terroriste, la perte de Mossoul représente un tournant, l’après 9 juillet ne marque pas la fin des troubles dans la ville.

Au lendemain de la reprise, les autorités irakiennes peinent à sécuriser la seconde ville d’Irak. Elles craignent l’existence de cellules dormantes liées à Daesh, ou encore la formation de milices qui pourraient profiter de l’instabilité de Mossoul. Courant août dernier, des informations circulaient chez les journalistes et certaines organisations non gouvernementales sur l’existence de milices non apparentées à Daesh, dans les villages chrétiens entourant Mossoul. Elles pourraient représenter un risque d’enlèvement pour les internationaux. La guerre irrégulière entre Daesh et les autorités irakiennes a aussi rendu difficile la distinction entre combattants de l’EI et population civile, même plusieurs semaines après la fin du conflit. Ces combattants cachés ont fait de nombreuses victimes, tant du côté des civils que des représentants de l’autorité irakienne, et cette confusion a entraîné certains abus de la part des forces régulières irakiennes envers les civils. A ce climat d’insécurité qui plane sur la ville, s’ajoute la méfiance qu’inspirent les autorités irakiennes chez une partie des habitants. La police fédérale nous a affirmé qu’une de ses missions était de regagner leur confiance. Durant notre séjour dans les locaux qu’elle occupe à l’Ouest, plusieurs Mossouliotes se sont présentés pour rechercher l’assistance des policiers. Certains leur demandaient de jouer le rôle de médiateurs dans un différend, d’autres de les soutenir dans la reconstruction de leur maison. Parfois, ils sollicitaient une aide financière ou simplement de la nourriture.

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Les clés du Moyen-Orient est un site d’information sur l’histoire et l’actualité du Moyen-Orient. Selon la ligne éditoriale du site : « Comment l’histoire explique l’actualité », les évènements actuels du Moyen-Orient sont ainsi replacés et analysés dans leur contexte historique. Ces expertises scientifiques, réalisées par des professeurs d’université, des docteurs, des chercheurs, des militaires et des membres du secteur privé, sont publiées dans les rubriques « Repères historiques », « Analyse de l’actualité », « Portraits et entretiens » et « Infos culture ».

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